L'anglais et le français partagent des milliers de mots. Plus d'un tiers du vocabulaire anglais vient du français ou du latin, héritage de l'histoire normande. Cette proximité donne l'impression que traduire de l'un à l'autre est simple. C'est précisément ce qui rend l'exercice trompeur.
Qu'il s'agisse d'un contrat, d'un site web, d'un rapport ou d'un roman, la traduction anglais français demande de la vigilance. Voici les pièges les plus courants et les moyens de les éviter.
Les faux amis, ennemis déclarés
Ce sont les erreurs les plus connues, et pourtant elles reviennent sans cesse. Actually ne veut pas dire actuellement, mais en fait. Eventually signifie finalement, pas éventuellement. Une library est une bibliothèque, un agenda d'entreprise est un ordre du jour, et to assist veut dire aider, pas assister à une réunion.
Un faux ami mal traduit peut changer le sens d'une phrase sans que personne ne le remarque à la relecture rapide. Seul un traducteur attentif les repère systématiquement.
Les anglicismes qui s'invitent
Le piège inverse consiste à garder des tournures anglaises en français. « Faire du sens », « supporter une équipe » au sens de soutenir, « adresser un problème » : ces calques se répandent dans le langage courant, mais ils sonnent mal dans un texte professionnel. L'Académie française publie régulièrement des recommandations sur ces emprunts et propose des équivalents français, une ressource utile pour tout rédacteur.
Une syntaxe différente
L'anglais aime les phrases courtes, la voix passive et les enchaînements de noms. Le français préfère souvent la voix active, les verbes et des liens logiques plus explicites. Une traduction qui suit la structure anglaise phrase par phrase donne un texte raide, parfois difficile à lire. Un bon traducteur reconstruit les phrases pour qu'elles sonnent naturellement, tout en gardant le sens exact.
Ponctuation et typographie
Les règles typographiques ne sont pas les mêmes. En français, on met une espace avant les deux-points, le point-virgule, le point d'interrogation et le point d'exclamation. Les guillemets sont des chevrons « » et non des guillemets droits. Les nombres s'écrivent avec une virgule décimale et une espace pour les milliers. Les jours et les mois prennent une minuscule. Autant de détails qui trahissent immédiatement une traduction bâclée.
Tutoiement, vouvoiement et ton
L'anglais n'a qu'un seul « you ». Le français oblige à choisir entre tu et vous. Une marque de vêtements pour adolescents tutoiera sans doute ses clients, une banque les vouvoiera. Ce choix doit être fait dès le début du projet et appliqué partout, du site web aux e-mails automatiques.
Anglais britannique, américain, français de France ou du Québec
Il n'existe pas un seul anglais ni un seul français. Un texte américain utilise d'autres mots et d'autres unités qu'un texte britannique. Côté français, le Québec a ses propres usages, souvent plus stricts sur les anglicismes que la France. Indiquez toujours au traducteur le marché visé.
Choisir le bon professionnel
Pour éviter ces pièges, rien ne remplace un traducteur natif spécialisé dans votre domaine. Un juriste-traducteur pour un contrat, un traducteur technique pour une notice, un rédacteur-traducteur pour une campagne publicitaire.
PoliLingua propose une traduction anglais français réalisée par des traducteurs de langue maternelle française, spécialisés par secteur, avec relecture systématique par un second linguiste et des versions certifiées pour les documents officiels.
Et la traduction automatique ?
Les outils de traduction automatique ont beaucoup progressé sur cette paire de langues. Ils rendent service pour comprendre un e-mail ou un article. Mais ils commettent encore des erreurs sur les faux amis, le ton et la terminologie spécialisée, et ils ne garantissent pas la confidentialité des données. Pour un document qui engage votre entreprise ou votre image, la relecture humaine reste indispensable.
Préparer un projet de traduction
- Préciser le public et le pays de destination
- Fournir un glossaire ou des traductions antérieures
- Indiquer le registre souhaité, tu ou vous
- Envoyer des fichiers modifiables plutôt que des PDF scannés
- Désigner une personne pour répondre aux questions
Les unités et les formats
Un texte américain parle en miles, en livres, en degrés Fahrenheit et écrit les dates dans l'ordre mois, jour, année. Le lecteur français attend des kilomètres, des kilos, des degrés Celsius et l'ordre jour, mois, année. Faut-il convertir ? Tout dépend du document. Dans une notice ou un site marchand, la conversion s'impose. Dans un contrat ou une pièce officielle, on garde souvent l'original en ajoutant l'équivalent entre parenthèses. Ce choix doit être discuté avec le traducteur dès le départ.
Documents officiels
Pour un diplôme américain à faire reconnaître en France, un acte de naissance britannique ou un jugement étranger, les administrations françaises demandent généralement une traduction assermentée, réalisée par un traducteur expert près une cour d'appel. Dans ce cas, la traduction porte un cachet et une signature qui lui donnent une valeur officielle. Renseignez-vous auprès de l'organisme destinataire avant de commander.
Le mot de la fin
La proximité entre l'anglais et le français est une chance et un piège. Faux amis, calques, typographie et ton font toute la différence entre un texte traduit et un texte qui semble écrit directement en français. Confier ses documents à un professionnel, c'est s'assurer que le message arrive intact chez le lecteur.
